De la faisabilité du programme de 3AS

Le programme serait dans l'ensemble faisable si les apprenants avaient le profil, si les classes étaient moins bondées, si la formation des enseignants se faisait effective et efficace et non en séminaires pédagogiques souvent centrés sur ce qui ne représente guère les préoccupations véritables.

Ainsi, en matière de techniques d'expression écrite, nous sommes, aujourd'hui, plus royalistes que le roi, et nous sommes passés du résumé de texte que les candidats au baccalauréat de l'époque ne réussissaient guère au compte-rendu objectif qui est, il est vrai, utile pour de futurs universitaires. La production d'un C.R.O.ne serait pas très difficile si le personnel enseignant pratiquait un tant soit peu la dite technique de la même façon. En vérité, il n'en est rien et chacun navigue à vue!

Quand il s'agit du compte-rendu critique pour les classes de langues, il faut avouer que loin s’en faut que ce soit à la portée de tout le monde (apprenants et enseignants compris) car pour des élèves qui savent à peine lire, rendre compte de l’essentiel de ce qui est dit dans le texte présuppose  l’aptitude à l’analyse pertinente qui dépend de l’acquisition d’outils variés : syntaxiques, , lexicologiques,  et approches méthodologiques   des textes. Or, les lacunes constatées à tous ces niveaux restent insurmontables. Quant à la critique interne et externe des textes, elle est, il faut le dire, superficielle au point de devenir des clichés que les élèves reconduisent dans chaque texte sans trop de discernement.

Ainsi, le constat n’est pas brillant. Pourquoi alors personne ne fait rien pour pallier et remédier à cet état des choses sues et tues par tout le monde ?

Et on viendra après ça vous dire que l’apprenant est censé apprendre à voler de ses propres ailes !! et construire son savoir !! Quelle mystification !! Seul l’élève ayant bénéficié d’un bon suivi aux cycles primaire et moyen peut se retrouver dans ce système quand l’enseignant ne fait pas défaut.

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