Sophisme, paralogisme

Un sophisme est un raisonnement fallacieux, malgré une apparence de vérité, qui est délibérément conçu pour tromper ou faire illusion. Il peut cependant être utilisé intentionnellement pour montrer les limites des règles logiques ou les difficultés à les manier en créant un illogisme ou une antinomie.

Exemple :

Tout ce qui est rare est cher,
Un cheval bon marché est rare, 
Donc un cheval bon marché est cher.

Le sophisme crocodilien :
Ce raisonnement nous est présenté pas Quintilien, un auteur latin du 1 er siècle, dans son « Institution oratoire », qui est un traité de rhétorique.
Un crocodile attrape un enfant sur la berge d’une rivière et dit à sa mère : « Si tu me dis la vérité, je te rendrai ton enfant, mais si tu me dis quelque chose de faux, je ne te le rendrai pas. »
La mère habile dialecticienne, met le crocodile dans une situation impossible. Elle dit au reptile : « Tu ne me rendras pas mon enfant !»
L’animal se trouve alors en effet dans l’impossibilité d’adopter une quelconque attitude sans tomber dans la contradiction. Car si la mère dit la vérité en disant : « Tu ne me rendras pas mon enfant », Alors le crocodile devra le lui rendre puisqu’elle a dit la vérité ; mais comme elle a dit : « Tu ne me rendras pas mon enfant », elle n’a pas dit la vérité, et alors l’animal ne devra pas rendre l’enfant, le crocodile fera que la mère aura dit la vérité auquel cas…
La phrase prononcée par la mère est dite indécidable. Elle est de type sui-falsificateur, c’est-à-dire qu’elle contredit elle-même ses propres conditions de vérité : elle est vraie dans la mesure où elle est fausse et fausse dans la mesure où elle est vraie.

Le sophisme du joueur :
On dit aussi le paralogisme du joueur (un paralogisme est faux comme le sophisme mais, à la différence de celui-ci, il n’est pas présenté avec l’intention de tromper l’interlocuteur) ou encore le sophisme de Monte-Carlo. Il s’agit d’une illusion très commune chez ceux qui jouent aux jeux de hasard mais ne se résignent pas à admettre que seul le hasard, précisément, joue et que la seule chose que nous puissions connaître en ce domaine nous est donnée par le calcul des probabilités.
Au jeu de pile ou face, admettons que pile soit sorti cinq fois de suite. Nombre de joueurs penseront alors qu’au sixième coup, face aura plus de chances de sortir, comme si pile, après une série de cinq, avait épuisé ses propres chances. Le calcul des probabilités nous dit que, au sixième coup, même après cinq pile (à condition, bien sûr , que la pièce ne soit pas pipée), pile aura toujours une chance sur deux de sortir, ni plus ni moins qu’auparavant.
Le sophisme du joueur consiste à imaginer implicitement, sans le savoir, une sorte de mémoire dans la chose. Cette illusion est très commune : quel joueur de loto aurait l’audace de cocher sur sa grille les numéros qui viennent tout juste de sortir ? Ces six-là ont pourtant toujours la même chance qu’avant mais personne, ou presque, ne le croira.

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