Enseigner : métier ou profession?

Si l’on considère une profession comme une activité régie par un statut ou un savoir-faire, on peut parler de profession enseignante. Mais est-ce suffisant ?

Le problème actuel de l’école réside peut-être dans cette croyante défendue par certains discours , qui à tort ou à raison , se focalisent uniquement sur la condition enseignante, l’amélioration de son statut suscitant ainsi des conceptions rigides, égocentriques et corporatistes qui ne peuvent répondre aux besoins des publics que reçoit l’institution scolaire. Les enseignants resteront les acteurs principaux de toute évolution capable de modifier les conditions d’apprentissage. Dès lors il faut parler davantage d’un métier d’enseignement.

Il ne s’agit pas ici de jouer sur les mots, des différences fondamentales apparaissant qui ont un impact direct sur la qualité des services apportés aux élèves. Un métier suppose un art qui est un savoir-faire sur lequel a été menée une réflexion ayant pour dessein de l’intégrer dans une vision culturelle, philosophique qui lui donne du sens.

Cela suppose aussi une activité intellectuelle constante , qui mette le savoir-faire hors de tout danger de routine, de nature mécanique ou répétitive.

Cela implique aussi une formation permanente technique mais également culturelle, qui inscrive le savoir-faire dans une dimension qualitative et actualisée.

Cette formation doit être collective, mais aussi et surtout individuelle afin qu’une approche personnelle des données, liée à l’individualité de chacun, favorise une intégration réelle de ses contenus pour une mise en pratique des plus efficaces. C’est ce qui forme le charisme , la touche personnelle qui va faciliter l’adhésion du public apprenant.

Un métier suppose aussi une conscience collective qui fait l’identité de ceux qui le pratiquent, le sentiment d’appartenance à un groupe par le partage d’une culture et surtout d’une mission. Et celle-ci contrairement à ce que peut évoquer le concept de profession qui concerne le sujet lui-même, dans sa subsistance matérielle et son intégration sociale, se veut essentiellement de nature altruiste, se mettant avant tout au service d’autrui, de la société.

Et dans cette conscience collective, s’inscrit également un code déontologique partagé par tous ceux qui exercent et entrent dans le métier, qui est défendu par tous au point que la corporation elle-même rappelle sans cesse cette déontologie et les devoirs et responsabilités qu’elle suppose, et interroge ceux qui se marginalisent. C’est donc cette transformation d’une profession en métier qui doit être un des chantier premiers de l’école.

Elle entend une formation initiale et continue, qui, loin des discours fumeux et déresponsabilisant des sciences de l’éducation, s’axe sur des problèmes concrets, mettant les personnes en situation de recherche pour qu’elles construisent des solutions et des outils à même à les aider dans leur quotidien, les incitant à mener une pratique réflexive sur leur travail. De là se décantera une culture de la coopération, à même de construire une identité et une éthique professionnelle développant une dimension humaine, pour ne pas dire humaniste, de l’enseignement.

L’école primaire

• L’i.u.f.m. de lorraine a été créé en 1991. Son directeur adjoint est Georges Mayeur . Les étudiants de première et deuxième année sont appelés PE1 et PE2. Ils suivent des cours, des ateliers et des stages. Le test d’entrée est fait pour éliminer 10% des candidats.

Le CAPE (examen de fin de première année) est constitué de plusieurs épreuves :

- Mathématiques (3h) de coefficient 4

- Français (4h) de coefficient 4

- Epreuve orale professionnelle obligatoire : préparation (1h) ; exposé (20mn) ; entretien (25mn) de coefficient 3

- Au choix : biologie / géologie ou histoire / géographie ou physique / technologie (3h) de coefficient 1

- Sport : préparation (1h) ; entretien (20mn) de coefficient 1

- Au choix : langue / musique / arts plastiques

• L’école primaire

Il y a 26 h de cours par semaine . 18h seront consacrées à des réunions de concertation entre enseignants, 12h à des conférences pédagogiques et 6h à des conseils d’établissement .

A l’école primaire on distingue 3 cycles : -cycle 1 (petite et moyenne sections enfantines)

-cycle 2 (grande section , CP , CE1 )

-cycle 3 (CE2 , CM1 , CM2 )

L’école obligatoire commence à 6 ans (atteints dans l’année civile) ; et à 12 ans l’enfant doit entrer en 6ième.

La pré-professionnalisation.

• Introduction

« Je trouve que c’est le plus beau métier du monde , car soit qu’on fasse bien soit qu’on fasse mal , on est toujours payé de même sorte […] Un cordonnier en faisant ses souliers ne saurait gâter un morceau de cuir qu’il n’en paye les pots cassés , mais ici l’on peut gâter un homme sans qu’il n’en coûte rien… » ( Molière , Le médecin malgré lui ).

En réalité , il y a 11 échelons . Le franchissement des échelons se fait suivant 3 rythmes et dépend de la note de l’inspecteur : - avancement à l’ancienneté

- choix

- grand choix

La note est aussi importante pour les mutations.

La difficulté de la profession enseignante est qu’elle se réalise dans une situation professionnelle d’interaction avec des apprenants différents caractérisée par l’imprévisibilité du déroulement des événements, la simultanéité des tâches et la multiplication des prises de décisions.

Il faut s’adapter à ce qu’il se passe dans la classe , prévoir toutes les erreurs des enfants .

L’enseignement professionnel est celui qui sait cadrer et recadrer les problèmes complexes qu’ils affrontent et qui et capable de s’adapter à des situations nouvelles .

La formation part de la pratique et l’analyse des pratiques . Il s’agit d’apprendre à réfléchir sur ce que l’on fait en situation réelle pour comprendre le fonctionnement de l’agir professionnel , sortir des routines , modifier l’action . Il s’agit d’analyser des situations pour préparer les enseignant à penser par eux-même à l’aide d’outils qui décrivent des processus enseigner / apprendre ;ces processus sont issus des recherches en didactique ou en pédagogie . L’enseignant doit apprendre à analyser ce qu’il a fait , à dire à mettre en mots , à décrire ce qui se déroule pendant la situation et il doit apprendre à les savoirs et les savoirs-faire qu’il a mobilisé dans l’action .

Il faut se demander : quels sont les savoirs-faire ?

Chaque enseignant est professionnel de l’apprentissage dans sa classe . Personne ne peut lui imposer une manière de faire . L’enseignant est en même temps acteur dans son établissement : il agit dans un système éducatif . Son travail se situe avec ses élèves mais aussi en dehors de sa classe , avec ses collègues , son chef d’établissement et avec des partenaires variés ( parents , élus locaux , réseaux d’aide , psychologues , conseillers d’orientation ).

Tout ceux-ci pose le problème sur le travail en équipe. C’est ce qu’on appelle un métier de communication. Il s’agit de passer d’un métier artisanal où l’on applique des recettes, des techniques et des règles, à une profession où chacun construit ses propres stratégies en s’appuyant sur des savoirs rationnels et en développant sa façon d’agir en situation professionnelle ainsi que son autonomie.

• Evolution historique

On pourrais définir un enseignant comme une personne autonome dotée de compétences spécifiques, spécialisées, qui reposent d’une part, sur une base de savoir rationnel, reconnu venant de la science et légitimé par l’université, et d’autre part, sur des savoirs spécifiques issus de la pratique.

4 modèles différents ont existé, dominant à certaines périodes :

1. l’enseignant MAGISTER : c’est un maître qui sait tout, il n’a pas besoin de formation spécifique ni de recherche, c’est le modèle de l’antiquité (mais il est encore utilisé à la fac)

2. l’enseignant TECHNICIEN : c’est celui qui a été formé par les E.N. Ils sont apparus avec la loi de Jules Ferry (1850). On apprend en imitant, en s’appuyant sur la pratique d’un enseignant chevronné qui transmet ses savoirs-faire et ses « trucs » (jusqu’en 1991).

3. l’enseignant INGENIEUR : il s’appuie sur les apports scientifiques des différentes sciences (humaines, psychologie, sociologie), il rationalise sa pratique en tentant d’y appliquer la théorie.

4. l’enseignant PROFESSIONNEL : il réfléchit, il est capable d’analyser ses propres pratiques, de résoudre des problèmes, d’inventer des stratégies en utilisant la pratique et la théorie.

 

• Rôle de l’enseignant

1. L’enseignant EDUCATEUR (Vergnaud)

La mise en confiance, l’expression de l’estime et même la restauration narcissique sont des moyens essentiels pour apporter aux enfants en situation d’apprentissage l’aide nécessaire à la construction de leur connaissances.

Pourquoi un élève ne réussit pas ?

Souvent par manque de confiance. Chaque enfant doit réussir à faire quelque chose. Il faut donner confiance à l’enfant quelque soit l’âge (penser à votre attitude devant une mauvaise note). Il ne faut pas dire à l’enfant qu’il est nul :il le sait !

L’enseignant a un grand rôle dans la transmissions des valeurs culturelles, notamment de celles concernant la science, la connaissance rationnelle, la rigueur et l’honnêteté intellectuelle. Avec les élèves on construit un contrat de vie (ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire).

2. L’enseignant ENTRAÏNEUR (Meirieu)

Il est solidaire de ses élèves et des progrès qu’il leur permet d’effectuer. Il est attentif au moindre élément qui aide à faire un pas en avant, il multiplie les sollicitations, les situations où l’on s’affronte à une difficulté légèrement supérieur à la précédente. Il observe les réactions de chacun, il apporte l’information nécessaire au bon moment, en renvoyant à celui qui peut la donner avec le plus de chance d’être entendu. Ce n’est pas le maître qui est détenteur du savoir : essayez de rendre les enfants autonomes. Bien sûr on peut parfois s’entraîner en l’absence de l’entraîneur mais il ne peut être d’aucune efficacité s’il n’assiste pas régulièrement aux séances d’entraînement. C’est sa totale implication dans une attitude de conseil et de soutien qui préparera l’élève à se passer un jour de lui.

3. L’enseignant ANIMATEUR (Meirieu)

Il y a une différence entre enseignant et animateur.

C’est au choix de l’enseignant de se faire appeler « maître » ou par son prénom mais il vaut mieux privilégier la 1ère hypothèse .Il faut être sévère dès le début quitte à relâcher par la suite.

L’animation peut être une simple proposition d’objet culturel, elle se met au service de la demande des personnes. L’enseignement a pour rôle de rendre cette demande possible en effectuant une demande systématique, en mettant les enfants en contact avec les objets culturels, en s’efforçant d’en montrer l’intérêt pour rendre possible des choix véritables. Le rôle du maître est de faire émerger le désir d’apprendre. Il faut proposer aux enfants eux disposent .

C’est le rôle de l’école de leur faire découvrir ce qui est à l’extérieur de l’école (concert, musée,…).Il faut leur faire découvrir un maximum d’objets culturels.

Il faut respecter l’emploi du temps et ne pas faire que du français et des maths.

4. L’enseignement PROFESSIONNEL de l’apprentissage

« apprendre » vient du latin « apprehendere » : saisir, s’emparer, comprendre.

« enseigner » vient du latin « signare » : classer un signe laisser une marque, celle du maître sur un sujet qui est l’apprenant.

Personne ne peut apprendre à la place d’un autre : on peut apprendre sans qu’il y ait enseignement (langue maternelle par exemple) et on peut enseigner sans qu’il y ait apprentissage.

Enseigner c’est faire apprendre et sans finalité d’apprentissage l’enseignement n’existe pas. Pour qu’il y ait transmission du savoir il faut qu’un projet d’enseignement rencontre un projet d’apprentissage, il faut qu’un lien se tisse même s’il est fragile. C’est la rencontre d’un sujet qui peut apprendre et un sujet qui veut enseigner.

• Spécificités de ce métier

1. Enseigner c’est COMMUNIQUER

C’est être capable d’écouter pour aider, c’est croire en sa capacité de pouvoir toujours aider l’élève à s’approprier du savoir.

2. Enseigner c’est MAITRISER les contenus

Non seulement comme élément d’un programme mais aussi avec une vision plus générale plus globale. Il faut savoir ce que l’élève a fait et ce qu’il fera (programme avant et programme après)

3. Enseigner c’est S’APPUYER sur une réflexion didactique

Pour observer, analyser, gérer, réguler, évaluer les situations d’apprentissage mises en place.

4. Enseigner c’est SE REFERER à un ensemble de valeurs

Par les procédés utilisés, les choix d’objectifs.

• Les tâches de l’enseignant

Le point de départ est sans aucun doute le programme donné dans le B.O..A l’école primaire il y a un programme et des compétences pour chaque cycle. Les programmes donnent les notions (en mathématiques par exemple).On tient compte de deux choses : le savoir-faire et l’objectif notionnel. Les tâches de l’enseignant couvrent deux champs de pratique différents mais interdépendants.

1. La fonction didactique

Elle concerne la gestion et la structuration des contenus. C’est la structuration des contenus et l’appropriation par l’élève.

2. La fonction pédagogique

Elle concerne la gestion, la régulation interactive des événements en classe, le traitement et la transformation de l’information de l’information transmise en savoir chez l’élève grâce à la pratique relationnelle et aux actions de l’enseignement pour mettre en œuvre des conditions d’apprentissage adaptées. Dans sa pratique tout enseignant rempli ces deux fonctions qui sont reliées et complémentaires.

• Compétences

1. compétences liées à la vie de la classe

Elles regroupent des tâches relatives à leurs gestions, à l’organisation de l’horaire et du temps. On fixe l’emploi du temps : alterner les tâches. On aménage l’espace de la classe. Elles concernent aussi le choix d’activité, l’exploitation de ressources variées, l’ajustement au climat de la classe. On peut prendre contact avec le maire pour se faire connaître .

2. compétences liées au rapport aux élèves

Il s’agit de tâches impliquant la communication, la connaissance et l’observation des types de difficultés d’apprentissage et des remèdes possibles, la connaissance et l’observation des styles d’apprentissage, la différenciation de l’enseignement et l’implication réelle des élèves. Apprendre à apprendre et difficile. Il y a différents types de mémoire : visuelle, auditive.

3. compétences liées aux disciplines

C’est la capacité d’intégrer les savoirs savants, c’est la capacité d’intégrer les programmes .

4. compétences liées au rapport à la société

Il s’agit d’établir une communication informative avec les parents (bulletins de notes, rencontres…). Il faut aussi établir une discussion avec les collègues.

5. compétences liées a soi-même

C’est le savoir être et le savoir devenir de l’enseignant qui réfléchit sur sa propre action et sa propre démarche pour évaluer, remédier, évoluer.

Source : www.etnoka.fr

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