Le sommeil

Introduction

De nos jours, la santé prend une place importante dans notre vie. Un des éléments essentiels à une bonne santé est «un bon sommeil». Pourtant, deux Français sur trois se plaignent de troubles de sommeil dus au stress ou à des troubles de santé. Le sommeil est un moment fort important pour les êtres humains, il représente en moyenne un tiers de notre durée de vie : à 60 ans, nous avons déjà dormi 20 ans et rêvé 5 ans. Indispensable à la récupération de nos forces physiques et psychiques, il est essentiel à une bonne qualité de vie. Pourtant à notre époque, on ne lui donne pas la place qu’il mérite. On le considère souvent comme une perte de temps. Malmené par les emplois du temps surchargés ou décalés, altéré par des drogues qui nuisent à notre santé, il ne peut plus jouer son rôle récupérateur. Le sommeil mérite d’être mieux connu pour nous permettre d’en obtenir la quantité et la qualité nécessaires à une bonne qualité de vie. Chaque individu a sa typologie du sommeil, c’est à dire un temps de sommeil qui lui est propre. La durée moyenne de sommeil est de huit heures mais il y a de grands dormeurs et de petits dormeurs qui ont chacun des besoins différents surtout en fonction de leur hérédité. De là, nous pourrons cerner les causes des troubles du sommeil les plus fréquents. Nous allons nous intéresser à la tranche d’âge des jeunes car c’est la portion de la population la plus active physiquement. Nous allons déterminer si leur rythme de vie engendre chez les jeunes plus de troubles de sommeil que dans les autres catégories d’âge.

En observant le mode de vie des gens et surtout des jeunes d’aujourd’hui, nous remarquons que particulièrement les étudiants semblent avoir des problèmes de sommeil. Nous posons donc la question suivante : les jeunes sont-ils plus sujets à des troubles de sommeil que les autres tranches d’âge ? Est-ce dû à leur rythme de vie ? . Nous allons observer la tranche d’âge des jeunes de 15 à 25 ans car ce sont eux et leur mode de vie qui influencent leur sommeil. En effet, encore aux études, les jeunes ont beaucoup de choses à gérer par exemple : les horaires de travail et d’étude, les travaux ménagers, les courses, les loisirs etc. …ce qui leur laisse peu de temps pour dormir. Nous posons donc comme hypothèse que le rythme de vie des jeunes entraîne une plus grande vulnérabilité aux troubles de sommeil que chez les personnes des autres groupes d’âge. Notre but est de déterminer si l’hygiène de vie des jeunes les prédispose à de tels troubles.


  1. Le sommeil en general

1.      La durée du Sommeil

Tout d’abord, nous allons déterminer combien de temps doit-on dormir ? Si l'on considère la durée minimale de sommeil nécessaire à la survie d'un individu, il paraît évident que les limites peuvent être repoussées à l'extrême. Certaines expériences ont montré que l'on peut rester éveillé une dizaine de jours sans trouble majeur. D'autre part, on peut considérer que plus on avance dans la vie et moins le besoin de sommeil est important. Ainsi, en moyenne par jour,

-         le nouveau-né a besoin de vingt heures de sommeil,

-         l'enfant de trois à sept ans de douze heures,

-         le pré-adolescent, de neuf heures,

-         l'adolescent, d'au moins huit heures (à respecter particulièrement en période de croissance aiguë)

-         l'adulte, de six à huit heures.

-         Quant aux personnes âgées, il n'est pas rare qu'elles se contentent, sans inconvénient, de cinq heures de sommeil.

Bien sûr, il s'agit là de règles générales qui s'accommodent d'exceptions. Même si la moitié d'entre nous dort environ huit heures, des différences significatives existent chez les " gros " et " petits " dormeurs, pour des raisons en partie héréditaires.

Les besoins et les rythmes varient selon les âges et les individus

Chez un adulte, en moyenne, sept heures et demie à huit heures sont nécessaires :

-         Il y a ainsi 60 à 70 % de moyens dormeurs.

-         10 à 20 % des individus sont de grands dormeurs pour qui neuf à dix heures sont indispensables.

-         ils restent 4 à 10 % de petits dormeurs qui peuvent se contenter de quatre à six heures.

En fait, quelques heures supplémentaires ne seraient pas superflues pour certains d'entre eux...

Les besoins augmentent après des travaux physiques ou intellectuels accrus, lors de changements de vie, d'activité, parfois en période dépressive ou de tension, lors d'une maladie, des menstruations, de la grossesse. Bien sûr ils varient avec l'âge


Peut-on dormir moins longtemps ? La plupart d'entre nous pourraient réduire leur durée de sommeil quotidienne à six heures environ, c'est-à-dire à quatre cycles pleins. Il faut impérativement  bien débuter la nuit au moment de la soirée où les signes de pré-sommeil apparaissent. Il faut calculer la durée exacte des cycles de sommeil pour se réveiller précisément à la fin de l'un d'entre eux. Nous ne disposons pas d'arguments décisifs pour affirmer que cela n'a pas d'effet à long terme. En réalité, bien plus que la durée totale du sommeil, c'est la quantité de sommeil lent profond qui constitue le besoin essentiel.

En effet, notre sommeil ne se déroule pas de façon uniforme, mais selon des cycles.


2.      Les cycles du sommeil

Le sommeil nocturne, chez l'adulte, se déroule par cycles. Il en comprend quatre à six en moyenne, d'une heure et demie à deux heures chacun. Ils sont de cinquante minutes à la naissance et, au cours de la croissance, ils atteignent progressivement leur rythme définitif. D'une durée à peu près égale chez un même individu, ces cycles diffèrent d'un dormeur à l'autre et se succèdent autant de fois que l'organisme en a besoin par exemple : pour la croissance,  la récupération de la fatigue physique ou nerveuse et la mémorisation, etc.

 

Le sommeil comporte plusieurs cycles qui se répètent plusieurs fois dans la nuit. Un cycle comporte plusieurs phases et est précédé d’une période d’éveil calme, plus ou moins longue, préparant l’endormissement. 

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Un cycle du sommeil, d’une durée moyenne de 90 minutes, comporte :

Une phase de sommeil calme à ondes lentes (activité lente sur les enregistrements cérébraux), durant de 60 à 75 minutes et comportant 4 stades :

Stade I : endormissement, comprenant 2 sous-stades : somnolence et assoupissement; à l'heure habituelle où vous vous couchez, le cerveau sécrète une hormone, la sérotonine, qui provoque somnolence, bâillements, picotements des yeux. Si vous vous couchez à ce moment-là, vous vous endormez facilement. Ce stade est très court et caractérisé par de petits spasmes brusques et de petits tressaillements musculaires. Le pouls et la respiration se ralentissent, deviennent très réguliers et la température corporelle s'abaisse. À ce moment, nous ne rêvons pas encore, seules quelques images nous traversent l'esprit, et le moindre bruit nous réveille

Stade II : sommeil léger ; Du sommeil léger au sommeil lent profond, le stade 2, beaucoup plus long, représente une étape transitoire. L'activité cérébrale se réduit, la diminution des sensations est nette, mais un bruit léger reste susceptible de provoquer le réveil.

Stade III : sommeil profond (sommeil établi) Durant cette phase, vous êtes presque totalement isolé du monde extérieur, et il est difficile de vous réveiller. Les muscles sont totalement relâchés, la température est basse et la respiration très lente et régulière. C'est dans cette période que peuvent survenir des troubles du sommeil comme le somnambulisme.

Stade IV : sommeil très profond (sommeil lent profond) ou sommeil paradoxal

 

La phase de sommeil paradoxal est plus courte, l’activité cérébrale est plus intense : cette période s'accompagne de mouvements oculaires rapides provoqués par les ondes du cerveau, en rapport selon la plupart des auteurs avec les rêves. Le sommeil paradoxal dure en moyenne 15 à 20 minutes ; sa durée augmente du début à la fin : dix minutes par exemple au cours du premier cycle, contre vingt à trente minutes lors du dernier. Le corps paraît totalement détendu et les muscles relâchés comme au cours du sommeil lent profond, mais, en même temps, l'activité cérébrale est très intense. Sous les paupières, les yeux sont animés de mouvements très rapides, une érection se produit souvent chez l'homme et le clitoris de la femme augmente de volume, le pouls et la respiration sont irréguliers. Cette période de sommeil paradoxal est celle où l'on rêve de façon intense. Elle représente en moyenne 20% du temps total de sommeil pour une nuit normale, mais sa durée s'allonge à mesure que la nuit avance. Très courte lors des premiers cycles, elle peut se prolonger plus de vingt minutes lors du cinquième ou sixième. Ce qui signifie que plus nous dormons, plus nous rêvons, et inversement.

Lorsqu'ils sont réveillés au cours de cette période, la plupart des individus peuvent décrire très facilement leurs rêves ou leurs cauchemars, en évoquant des détails précis.

 

Une phase de sommeil intermédiaire, brève, avec des micro-réveils débouchant sur un nouveau cycle ou, à la fin de la nuit, sur le réveil complet.

Lors du premier cycle, le sommeil lent profond est plus important que le sommeil lent léger. La récupération de la fatigue physique a lieu principalement au cours de ce stade, ce qui semblerait confirmer la croyance populaire : « Le sommeil du début de la nuit est le meilleur » ou « compte double ». En revanche, en fin de nuit, on trouvera plus de sommeil lent léger.

 

L’importance du sommeil n’échappe à aucun d’entre nous, et nous ressentons naturellement la nécessité de dormir. Malgré cette évidence, le rôle du sommeil est encore presque inconnu.

 

3.      Les rôles du sommeil

Le cerveau connaît trois états : veille, sommeil et rêve liés entre eux. Le deuxième est un état de vigilance particulier, dont la fonction essentielle semble être de faire disparaître la fatigue de l'organisme. Il aurait pourtant de nombreux autres rôles, en particulier dans la mémorisation des apprentissages. Bien que le sommeil occupe près d'un tiers de la vie, il recèle encore bien des mystères tant sur le plan de sa régulation que sur sa raison d'être.

Une des fonctions essentielles du sommeil lent est de permettre la restauration de l'organisme et d'éliminer la fatigue. Cette fonction évidente, pourtant encore mal précisée, peut être corrélée à la sécrétion de l'hormone de croissance, particulièrement importante au cours des stades III et IV du sommeil profond. Sa libération en début de nuit représente 75 % des quantités produites en 24 heures. L'hormone de croissance stimule les processus chimiques destinés à la synthèse de nouveaux composés indispensables aux cellules (anabolisme). De ce point de vue, la synthèse des protéines est un phénomène essentiel. Au cours du sommeil lent, de nombreuses divisions cellulaires se produisent, probablement en rapport avec les phénomènes de croissance et de restauration des tissus.

Nous avons l'habitude de diviser notre vie quotidienne en deux périodes, le temps de veille et le temps de sommeil, il serait plus juste de séparer notre vie en trois périodes : il y a la veille, le sommeil et le rêve. En effet, nous vivons trois vies qui ont relativement peu de rapport les unes avec les autres. La plus mystérieuse des trois est le rêve, car nous sommes encore loin de connaître son rôle exact : pour Freud, le rêve est la réalisation d'un désir, mais cette interprétation est fortement critiquée. Nous ne savons donc pas encore exactement à quoi sert le sommeil, et encore moins le rêve, même si les chercheurs sont certains qu'ils ont un rôle dans la physiologie de l'organisme.

 

Ce rôle est d'autant plus difficile à découvrir que la privation de sommeil, chez des sujets volontaires, entraîne peu de symptômes. Certes, si nous ne dormons pas pendant plusieurs nuits de suite, nous serons irritables, nous n'aurons pas les idées très claires. Nous éprouverons des difficultés d'élocution (parler devient plus difficile) et des troubles de l'équilibre. À la longue, nous tomberons de sommeil. Nous ne subirons aucune perturbation physique importante, en dehors d'une légère baisse de température. Il faut remarquer que si nous restons éveillés, volontairement, nous ne rattrapons jamais le sommeil perdu : Si vous passez une nuit blanche, vous dormirez seulement quelques heures de plus le lendemain ou vous ferez une sieste, mais vous ne dormirez pas seize heures pour rattraper la nuit perdue.

Il est certain de toute façon que le sommeil a une fonction de récupération qui s'effectue principalement pendant la phase de sommeil lent profond.

Lors du sommeil, certaines fonctions biologiques sont à leur maximum, notamment la production d'hormones de croissance pendant l'enfance et l'adolescence. C'est pourquoi le besoin de sommeil à cet âge est important et doit être absolument respecté. On a ainsi montré que l'on pouvait aider les enfants à grandir en les incitant à dormir plus longtemps.

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Sophie Vermeersch-Datchy

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