Les conséquences de la sécheresse vues de l'espace

Après la canicule de l'été 2003, la sécheresse affecte de manière considérable l'état des végétaux en France. L'observation de la Terre depuis l'espace permet de suivre ces phénomènes en temps presque réel. Dédié à l’observation de la couverture végétale, l'instrument VEGETATION 2 à bord de SPOT 5 surveille quotidiennement l'ensemble des terres émergées du globe.

Les déficits pluviométriques enregistrés dès le printemps se sont aggravés. La sécheresse se traduit par un ralentissement de l'activité photosynthétique de la végétation avec pour conséquence une diminution de la production, notamment pour les cultures et les fourrages. Elle touche également les forêts qui, affaiblies et fragilisées, sont plus vulnérables aux maladies et aux attaques d’insectes.


Autre conséquence de la canicule, la récolte précoce des cultures arrivées à maturité beaucoup plus tôt que d’habitude. Par ailleurs, certains types de végétation ne résistent pas aux conditions extrêmes avec des températures avoisinant les 40°C.


Embarqué à bord de SPOT 5, l'instrument VEGETATION 2 permet d'apprécier quantitativement le fonctionnement de la végétation, d'en suivre le comportement au cours des saisons et de détecter les différences entre les années. Ainsi, les images acquises durant les mois de juin, juillet et août 2003, mettent en évidence sans ambiguïté une aggravation progressive des conséquences de la sécheresse sur la végétation par rapport aux mêmes mois de l’année 2002.


Cette évolution est liée à plusieurs facteurs, comme l’effet du stress hydrique sur les cultures et les prairies, le jaunissement ou la chute des feuilles pour les forêts, la récolte des cultures plus précoce en 2003, ou les incendies. Il faut également tenir compte du fait que l’année 2002 a été particulièrement pluvieuse pendant l’été, ce qui peut amplifier la perte relative de vigueur en 2003.


Les données fournies par l’instrument VEGETATION constituent une source d’information précieuse pour évaluer les dégâts liés à la sécheresse, en particulier sur la diminution des rendements agricoles et la production fourragère. Des travaux complémentaires de recherche et développement restent cependant nécessaires pour aboutir à des estimations régionales des pertes de production permettant des prises de décision opérationnelles. Menées en coopération avec l’INRA, ces travaux s’orientent vers une prise en compte des différents types d’occupation du sol pour estimer de manière plus fine les effets de la sécheresse pour chaque type de culture et de végétation naturelle. Selon l’INRA, les premières tentatives de quantification des pertes de production liées à la sécheresse montrent que dans certaines régions, ces pertes peuvent aller jusqu’à 50%.

Source : http://www.cnes.fr/

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