Débat sur le nucléaire, lycée Catherine et Raymond Janot, 15/12/09

Intervenants : Monsieur de Keroulas, de la SFEN (Société Française d'Energie Nucléaire) et Monsieur Berthomé du réseau « Sortir du nucléaire »

 

60 élèves présents de différentes classes du lycée général et technologique.

Organisation du débat contradictoire par le club média* du lycée.

Présentation rapide de deux films : un sur le stockage de la Manche produit par AREVA et un extrait de « Climat d’espoir » de  Scott Ludlam et José Garcia produit en VF par le Réseau Sortir du nucléaire.

 

Débat assez libre au niveau de la prise de parole. Beaucoup d’élèves participants. Les deux intervenants répondaient à tour de rôle aux questions.

Principales questions :

1.   Est-ce que la France a subi des incidents nucléaires ?


2.   Qu’en est-il du retraitement des déchets ? du recyclage ?

3.   Le  nucléaire est-il possible  dans un développement durable ?  Est-ce que les mines d’uranium s’épuiseront un jour ?

4.   Et les énergies renouvelables ?  Pourquoi ne pas changer radicalement de sources d’énergie ?

5.   Quels  arguments y a-t-il en faveur du nucléaire ?

6.   Qu’avez-vous pensé de l’intervention de Greenpeace à l’assemblée nationale ?

7.   Si on utilise des petites quantités d’énergie renouvelables additionnées, ne peut-on  pas savoir si ça ne suffirait pas ?

8.   Et la voiture électrique ?

9.   Qu’en est-il du démantèlement des centrales ?  du coût et de la sécurité pour les ouvriers ?

10. Est-ce que les fuites existent ?

11. Est-ce que les déchets sont dangereux ?

 

Monsieur de Keroulas a parfois répondu très succinctement aux questions posées, n’amenant ni exemple, ni chiffres précis. Il a parfois même refusé de répondre à certaines questions prétextant le manque de temps ou simplement le fait que nous n’étions pas là pour parler de ça. Il s’est contredit plusieurs fois laissant les élèves perplexes devant l’incertitude de ses propos. On note qu’il a affirmé « qu’on savait gérer les déchets nucléaires (mais sans garantie totale dans le temps) et  le démantèlement des centrales » bien qu’il ne puisse nous dire comment. Il s’est essentiellement basé sur la sûreté technologique nucléaire, omettant de parler des fuites ou en minorant les incidents ou accidents majeurs, et donnant toute sa confiance au développement des PER, sans tenir compte des retards ni des problèmes de contrôle. Il s’est également beaucoup appuyé sur la radioactivité naturelle ce qui, selon lui, prouve que le nucléaire n’est pas dangereux. Il a affirmé l’insuffisance palliative des énergies renouvelables. Il a également évoqué un choix politique d’une époque dont il faut assumer les conséquences et pour lequel nos représentants élus à l’Assemblée Nationale sauront prendre les « bonnes » décisions. Mais qu’aucun politique hormis Monsieur Yves Cochet, élu écologiste, ne prendra le risque de vanter « la décroissance » auprès de ses électeurs.

 

En revanche, Monsieur Berthomé s’est appuyé sur des faits et chiffres précis. Il a donné beaucoup d’éléments de réponses quant aux risques (incidents, stockage, retraitement et transport des déchets, fuites). Il a également abordé le coût réel du nucléaire, qu’il s’agisse de  l’extraction de l’uranium, du démantèlement des centrales, de l’achat nécessaire d’électricité aux centrales à charbon allemande en cas de grand froid. Il a démontré que le nucléaire est faussement considéré comme une énergie propre. Il a également développé le sujet des énergies alternatives (éolien, solaire, construction d’habitat écologique, maison passive, puit canadien, pompe à chaleur…). Il a également parlé de confiscation du débat démocratique et de l’expression des français lors de manifestations anti-nucléaires, notamment celle de Colmar où la ville a été bouclée et interdite d’accès aux manifestants et à la presse.  Les exemples et démonstrations apportés n’ont pas été contredits par Monsieur de Keroulas, qui a souvent préféré garder le silence.

Pour conclure, les deux intervenants ont résumé leurs propos et idées principales sur le nucléaire, et nous ont invités à nous documenter.

 

*CLUB MEDIAS :Anastassia BOGDANOVSKI (TS2), Elodie COLLIN (TL1), Manon FROT (TSTG 3), Emmanuelle LUCE (TL1) , Claudine HOSTEIN, professeur-documentaliste.

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