Fonte de la banquise Arctique, de nouvelles données alarmantes

Support adapté pour dénoncer un fait

 

La surface recouverte par la banquise estivale de l’Arctique ne cesse de régresser depuis 3 ans et elle a encore atteint cet été le niveau le plus bas de son histoire. La Banquise arctique estivale est menacée de disparition d’ici à 2030.

Le Professeur Wadhams dirige une équipe de cinq scientifiques indépendants, dont le projet consiste à calculer le taux de fonte de la glace dite « tourmentée » - empilement aléatoire formant des crêtes ou des murs -, qui constitue plus de la moitié du volume glacier de l’océan Arctique. Or sa vitesse de fonte est supérieure à celle des autres types de glace. C’est ce phénomène que tenteront de comprendre les scientifiques embarqués à bord de l’Arctic Sunrise, jusqu’à la fin septembre.

Depuis trente ans, la banquise Arctique perd du terrain, mais sa fonte s’est accélérée au cours de la dernière décennie, et plus encore depuis ces quatre dernières années, dépassant largement les prévisions scientifiques. « Ce nouveau record tire une fois de plus le signal d’alarme sur le réchauffement climatique, constate Mélanie Duchin, responsable de l’expédition à bord de l’Arctic Sunrise. Les dirigeants du monde entier doivent cesser de faire la sourde oreille et conclure un accord ambitieux lors de la Conférence de Copenhague sur le climat, en décembre prochain. »

Les courants océaniques chauds accélèrent la fonte des glaciers du Groenland. Cet été, d’autres équipes scientifiques ont travaillé à bord de l’Arctic Sunrise, pour mieux comprendre pourquoi la fonte des glaciers du Groenland s’accélère. Les scientifiques de l’Institut des changements climatiques de l’Université du Maine et de l’Institut océanographique de Woods Hole ont étudié la glace et les fjords des glaciers d’Helheim et de Kangerdlugssuaq, à l’origine de 10 % du total de la glace du Groenland déversée dans l’Atlantique-nord. Leur constat est terrible et valide la théorie selon laquelle les eaux subtropicales accélèrent la fonte en atteignant le Groenland.

Et leur constat global est très alarmant : la vitesse des glaciers étudiés ne cessent d’augmenter. « Le glacier de Kangerdlugssuaq est sans doute le plus rapide au monde, affirme le Dr Gordon Hamilton de l’Institut des changements climatiques. Sa vitesse d’écoulement a triplé entre 2004 et 2005. L’allure à laquelle il charrie d’énormes quantités de glace sous forme d’icebergs provenant du cœur du Groenland est donc trois fois supérieure à celle d’il y a quelques années. Les conséquences se font sentir à la fois sur le volume total de la calotte glaciaire du Groenland et sur le niveau global de la montée des océans. » Pour le Dr Fiamma Straneo de l’Institut océanographique de Woods Hole (États-Unis), « l’afflux de courants chauds dans les fjords du Groenland serait l’un des facteurs à l’origine de ces bouleversements ».

Or ce phénomène, qui aura un impact significatif sur l’augmentation du niveau des mers, n’a malheureusement pas été pris en compte dans le rapport 2007 du GIEC, qui sert de base aux négociations internationales qui doivent aboutir un nouvel accord mondial pour faire face à la crise climatique.

« Alors que les données collectées par les scientifiques nous prouvent chaque jour un peu plus l’accélération de dérèglement climatique, les principaux pollueurs se montrent incapables de prendre les décisions nécessaire pour préserver les habitants de ce monde de ses pires impacts, commente Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France. La semaine prochaine, les dirigeants du monde entier se retrouveront à New York sur le thème du climat. C’est à leur tour de prendre la mesure du défi. Si nous ne pouvons pas changer la science, nous pouvons changer les politiques ».

(Par Jean-Charles BATENBAUM)

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.