La France face à son passé colonial

Comment, quarante ans après les accords d’Evian qui ont consacré l’indépendance de l’Algérie, les députés français ont-ils pu voter la loi du 23 février 2005 ? Une loi, qui dans son article 4, stipule que « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer ». Votée dans la plus grande discrétion, cette loi est d’abord largement passée inaperçue. Jusqu’à ce qu’une pétition, signée par près de cinquante mille personnes, réclame le retrait de cette « loi de la honte » ; et qu’Alger condamne ce texte qui tente de justifier « la barbarie du fait colonial ».

Embarrassé, le gouvernement a d’abord essayé d’étouffer la polémique. Puis le Président Jacques Chirac a fait retirer cet article de loi, après être intervenu à la télévision pour évoquer ce passé mal digéré. La France, a-t-il admis, « a connu des moments de lumière et des moments plus sombres. C’est un héritage que nous devons assumer dans le respect des mémoires de chacun, des mémoires parfois blessées ». Il est vrai que cette affaire tombait au plus mauvais moment possible. Car 2005 a été l’année où les banlieues se sont embrasées, jetant aux yeux du monde l’image d’une société française malade. Une société en proie à de graves tensions entres des Français de différentes origines

Bos, Jean-Michel (2006)

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