Vacances sans les parents

La première escapade en autonomie tient souvent du parcours du combattant. Autorisation parentale à négocier, équipe à monter, budget à réunir, voyage à planifier…mais la liberté est à ce prix !

Avant de pouvoir empaqueter la crème solaire et les tongs, les premières vacances en solo débutent par une discussion, parfois délicate, avec les parents. Quand Sarah, 18 ans, a annoncé ses parents son projet d’excursion à Paris, ils ont été d’abord réticents. « On a discute, je leur ai expliqué ce que je voulais faire à Paris, comment j’allais payer… et ils ont fini par dire oui. »

Pour Clément, 20 ans, la tache était plus facile. Il est débrouillard et il avait économisé toute l’année pour payer ce voyage. Ses Parents agriculteurs, qui avaient rarement l’occasion de l’emmener en vacances, n’étaient pas inquiets ; au contraire, ils étaient contents qu’il puisse voire autre chose.

Une fois passée cette première étape parentale, à nous la liberté, peut-être le vrai but du voyage… Pour Maryse Vaillant, psychologue, « c’est presque un voyage initiatique. On découvre le plaisir de vivre a son rythme : manger quand on a faim, se coucher tard, se lever quand on veut, organiser les journées comme bons nous semble ».

Et puis, entre deux séances de farniente, il s’agit aussi de (se) prouver qu’on est capable de s’assumer, entre budget à tenir et activités à planifier. « On s’aperçoit que le monde n’est pas fait pour combler nos désirs et que ça demande un effort d’adaptation. On mesure les contraintes, il faut anticiper, alors qu’avant les parents s’en chargeaient » ajoute M. Vaillant.

Partir à plusieurs, c’est aussi tester la vie en communauté. On a beau faire les quatre cents coups avec les copains, on ne les connaît jamais mieux que lorsqu’on a vécu avec eux. On partage les super moments, mais aussi les petits ratés… voir les grosses déceptions!

En vacances un été en Espagne, avec trois amis, Damien, 22 ans, en sait quelque chose : «  Je pensais les connaître par cœur mais ils m’ont déçu. On avait décidé de faire la vaisselle et le ménage à tour de rôle, mais ils trouvaient toujours une bonne excuse pour y couper. Ca nous a valu quelques prises de tête, c’est dommage… »

Dans un registre plus pratique, Denis, 18 ans, avait fait son sac un peu rapidement. « Je n’avait pas emmené assez de fringues. Je me suis retrouvé devant un lave-linge sans avoir aucune idée de comment ça fonctionnait. Ca a bien fait rire ma mère, quand je lui ai raconté. » […]

A l’ombre de bons souvenirs, les erreurs de débutant s’effacent vite, car ces premières vacances restent inoubliables. Comme tous les voyages qui nous font découvrir une terre inconnue.

Thomas Diévart, « Vacances sans les parents », Phosphore, août 2006

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×